Conseils Hygiéno-diététiques aux personnes ayant été traités par chirurgie de cytoréduction et chimiothérapie hyperthermique intra-péritonéale
(Suite)
Enrichissez votre alimentation.
Comme vous mangez de petites quantités, il vaut mieux qu’elles soient « utiles ». Pensez donc à les enrichir en protéines et en énergie. Rajoutez des protéines à vos aliments en y mettant du lait en poudre ou des jaunes d’œufs. Rajoutez des éléments énergétiques dans vos plats en mettant du beurre, de la crème et des sauces. Rajoutez du sucre, du lait entier ou de la poudre dans vos boissons. Vous pouvez aussi utiliser en plus des préparations hypercaloriques et hyperprotidiques qui s’achètent en pharmacie, sur ordonnance. N’hésitez pas à en parler à votre chirurgien ou votre médecin traitant.
Si vous n’avez pas envie de cuisiner ou que vous ne savez pas faire, sachez que vous pouvez tout à fait manger des plats cuisinés ou congelés. Evitez par contre, dans un premier temps, les aliments trop gras, frits ou très épicés qui sont difficiles à digérer.
Luttez contre les nausées.
Les nausées sont courantes après le traitement que vous avez subi. Elles sont à la fois la conséquence de l’intervention chirurgicale et de la chimiothérapie. Si vous êtes facilement dégoûté, ne vous forcez pas à manger vos plats préférés. Vous risqueriez d’en être dégoûté définitivement. Prenez le traitement prescrit par votre chirurgien, comme mentionné sur l’ordonnance. Evitez de manger dans la cuisine où traînent toujours des odeurs qui peuvent majorer les nausées.
Pensez à vous reposer en position demi assise après les repas, cela améliore le transit et diminue les « renvois ». Limitez les cigarettes avant ou après les repas et aidez-vous, si besoin, par des boissons gazeuses type Badoit ou Coca-Cola (un conseil, laissez les reposer un peu avant de les boire pour permettre l’évaporation du gaz qui diminuera les ballonnements).
Surveillez votre poids.
Si vous n’aviez pas de balance, il est peut-être temps d’investir pour vous en offrir une. En effet, il est recommandé de vous peser régulièrement, au moins une fois par semaine. Si vous constatez que votre poids, loin de se stabiliser ou d’augmenter, ne cesse de diminuer malgré vos efforts, ne paniquez pourtant pas. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour discuter avec lui de meilleures idées pour vous alimenter et enrayer cette difficulté passagère. Un regard extérieur peut apporter une solution très simple qui résoudra le problème.
Traitez votre diarrhée.
Une diarrhée post-opératoire d’une dizaine de jours est fréquente et secondaire à la chimiothérapie que vous avez reçue. Cependant, si une partie plus ou moins grande du colon ou de l’intestin grêle a été retirée lors de l’intervention, cette diarrhée peut persister plus longtemps. Dans ce cas précis, elle peut nécessiter la mise en place par votre chirurgien d’un traitement spécifique du type de ralentisseurs du transit. Attention, ne prenez que le traitement qui vous a été prescrit, dans le respect des doses signalées.
Quelques petits conseils peuvent vous faciliter la vie. Pensez à boire au moins 2,5 litres de liquide par jour (thé, tisane, eau de riz, bouillon de légumes, jus de carotte… le tout à température ambiante, ni trop chaud ni trop froid). Evitez les boissons glacées. Mangez des aliments pauvres en fibres (riz, pâtes, pommes vapeurs, bananes bien mûres, compote de pomme, fromages à pâte cuite, biscottes ou pain bien grillé). Evitez tous les fruits et légumes crus, les céréales et le pain complet, le lait. Ce n’est qu’après une amélioration nette de vos diarrhées que vous pourrez réintroduire ces aliments, petit à petit, un par un.
Rappelez-vous que les médicaments ralentisseurs du transit (type Immodium* et Tiorfan*) qui vous ont été remis lors de votre sortie de l’hôpital, sont délivrés sur prescription médicale, à une posologie donnée. Pensez à les répartir de manière harmonieuse dans la journée. Le grand principe est de ne pas modifier brutalement la posologie. La règle est de ne pas jouer au « yo-yo ». Si vous devez modifier les posologies, faîtes-le lentement, que ce soit pour la quantité ou la durée. N’arrêtez pas tout en cas de constipation et n’absorbez pas de dose massive en cas de diarrhée. Pour vous donner un exemple si vous avez une diarrhée très importante, augmentez votre posologie d’un ou deux comprimés quotidiennement (un le matin et un à midi) et ne modifiez plus rien pendant 24h ou 48h. Vous pourrez ainsi voir les effets réels de votre action.
Fiche conseils créée et validée par l'Institut Gustave Roussy (Janvier 2010).
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