Conseils Hygiéno-diététiques

conseil hygénico diététique

Conseils Hygiéno-diététiques aux personnes ayant été traités par chirurgie de cytoréduction et chimiothérapie hyperthermique intra-péritonéale

 

Vous êtes sorti de l’hôpital après avoir subi un traitement lourd à supporter. Aujourd’hui, votre organisme est en cours de cicatrisation, et soyons honnêtes tout de suite, cela prend du temps.
A la suite de ce traitement, il y a une importante inflammation dans tout votre abdomen. Cette inflammation, associée aux adhérences post-opératoires qui vont disparaître petit à petit, expliquent que vous puissiez ressentir des douleurs abdominales et que vous ayez parfois des difficultés à vous alimenter.
Cet état est relativement désagréable mais passager. Chaque semaine qui passe va permettre l’amélioration progressive de cet inconfort. Dans tous les cas, sachez que vous ne pouvez rien faire pour accélérer ce processus de cicatrisation. Vous devez simplement attendre que le temps passe et patienter, encore.

Une cicatrisation normale se caractérise par une inflammation de plus en plus importante, qui augmente jusqu’à la 6ème semaine post-opératoire environ, puis par une diminution progressive de cette inflammation, pour un retour à la normale entre 3 et 6 mois après l’intervention. Rappelez-vous que lorsque vous vous faites une coupure cutanée profonde, la cicatrice devient de plus en plus rouge, puis s’estompe progressivement, pour ne subsister que sous la forme d’une cicatrice linéaire à 6 mois. Il se passe la même chose dans l’ensemble de la cavité abdominale.

Pendant toute cette période de récupération, ce sont les premières semaines les plus difficiles. Par la suite les progrès sont lents mais constants.

Il peut arriver, dans certains cas, que vous soyez amenés à quitter l’hôpital sans être capable de vous alimenter de manière suffisante par voie orale. Votre corps a en effet besoin de nombreuses calories pour pouvoir cicatriser tranquillement tout en vous permettant de reprendre une activité douce à l’extérieur. Si c’est le cas, votre chirurgien vous prescrira une nutrition à base de compléments alimentaires que l’on peut prendre oralement ou bien, si vous ne les supportez pas, peut choisir de continuer pendant quelques semaines une alimentation en perfusion par les veines. Ces perfusions sont faites à domicile, par une infirmière diplômée, principalement la nuit pour vous gêner le moins possible. La durée peut varier de quelques jours à quelques semaines.

 

Pendant cette période de récupération, l’important est de ne pas perdre trop de force et d’en retrouver.

 
Fractionnez vos repas.

Votre intestin est enflammé. Il se contracte donc moins vite qu’un intestin normal et il a une capacité de stockage diminuée. Ainsi, dès que vous mangez quelques bouchées, vous n’avez plus faim et vous avez une sensation de « trop plein ». Cela vous empêche de faire les traditionnels 3 repas quotidiens. Pour palier à ces difficultés, parce que vous devez tout de même vous alimenter, vous devez fractionner énormément vos repas. Faire 6 petits repas par jour est fortement recommandé. Le mieux est de manger un peu toutes les heures. Pour cela il faut y penser. Pensez à une collation à 10h, à 16h, grignotez dès que vous le pouvez… En clair, faîtes tout ce que l’on vous a toujours interdit. Mangez ce que vous voulez, quand vous le voulez. Petit conseil, comme vous ne pouvez pas absorber beaucoup à la fois, pensez à séparer boisson et alimentation. Buvez moins pendant le repas et plus en dehors.

 
Marchez.

C’est facile à dire, certes, mais c’est vraiment important. En effet, la marche joue un grand rôle pour la bonne reprise du transit intestinal. Evidemment, au début de votre convalescence, vous serez fatigué et la marche sera une obligation à laquelle vous n’aurez pas envie de vous astreindre. Mais pensez bien que c’est indispensable pour casser le cercle vicieux qui peut parfois s’installer. Certains ne marchent pas parce qu’ils se sentent faibles et qu’ils n’ont pas faim. Oui mais le fait de marcher entraîne une dépense d’énergie qui stimule l’appétit et donne faim. Donc en essayant d’aller un peu plus loin, tous les jours, vous progresserez et verrez par vous-même tout le bénéfice de cet exercice.
Enrichissez votre alimentation.

Comme vous mangez de petites quantités, il vaut mieux qu’elles soient « utiles ». Pensez donc à les enrichir en protéines et en énergie. Rajoutez des protéines à vos aliments en y mettant du lait en poudre ou des jaunes d’œufs. Rajoutez des éléments énergétiques dans vos plats en mettant du beurre, de la crème et des sauces. Rajoutez du sucre, du lait entier ou de la poudre dans vos boissons. Vous pouvez aussi utiliser en plus des préparations hypercaloriques et hyperprotidiques qui s’achètent en pharmacie, sur ordonnance. N’hésitez pas à en parler à votre chirurgien ou votre médecin traitant.
Si vous n’avez pas envie de cuisiner ou que vous ne savez pas faire, sachez que vous pouvez tout à fait manger des plats cuisinés ou congelés. Evitez par contre, dans un premier temps, les aliments trop gras, frits ou très épicés qui sont difficiles à digérer.

 
Luttez contre les nausées.

Les nausées sont courantes après le traitement que vous avez subi. Elles sont à la fois la conséquence de l’intervention chirurgicale et de la chimiothérapie. Si vous êtes facilement dégoûté, ne vous forcez pas à manger vos plats préférés. Vous risqueriez d’en être dégoûté définitivement. Prenez le traitement prescrit par votre chirurgien, comme mentionné sur l’ordonnance. Evitez de manger dans la cuisine où traînent toujours des odeurs qui peuvent majorer les nausées.
Pensez à vous reposer en position demi assise après les repas, cela améliore le transit et diminue les « renvois ». Limitez les cigarettes avant ou après les repas et aidez-vous, si besoin, par des boissons gazeuses type Badoit ou Coca-Cola (un conseil, laissez les reposer un peu avant de les boire pour permettre l’évaporation du gaz qui diminuera les ballonnements).

 
Surveillez votre poids.

Si vous n’aviez pas de balance, il est peut-être temps d’investir pour vous en offrir une. En effet, il est recommandé de vous peser régulièrement, au moins une fois par semaine. Si vous constatez que votre poids, loin de se stabiliser ou d’augmenter, ne cesse de diminuer malgré vos efforts, ne paniquez pourtant pas. Prenez rendez-vous avec votre médecin traitant pour discuter avec lui de meilleures idées pour vous alimenter et enrayer cette difficulté passagère. Un regard extérieur peut apporter une solution très simple qui résoudra le problème.

 
Traitez votre diarrhée.

Une diarrhée post-opératoire d’une dizaine de jours est fréquente et secondaire à la chimiothérapie que vous avez reçue. Cependant, si une partie plus ou moins grande du colon ou de l’intestin grêle a été retirée lors de l’intervention, cette diarrhée peut persister plus longtemps. Dans ce cas précis, elle peut nécessiter la mise en place par votre chirurgien d’un traitement spécifique du type de ralentisseurs du transit. Attention, ne prenez que le traitement qui vous a été prescrit, dans le respect des doses signalées.
Quelques petits conseils peuvent vous faciliter la vie. Pensez à boire au moins 2,5 litres de liquide par jour (thé, tisane, eau de riz, bouillon de légumes, jus de carotte… le tout à température ambiante, ni trop chaud ni trop froid). Evitez les boissons glacées. Mangez des aliments pauvres en fibres (riz, pâtes, pommes vapeurs, bananes bien mûres, compote de pomme, fromages à pâte cuite, biscottes ou pain bien grillé). Evitez tous les fruits et légumes crus, les céréales et le pain complet, le lait. Ce n’est qu’après une amélioration nette de vos diarrhées que vous pourrez réintroduire ces aliments, petit à petit, un par un.
Rappelez-vous que les médicaments ralentisseurs du transit (type Immodium* et Tiorfan*) qui vous ont été remis lors de votre sortie de l’hôpital, sont délivrés sur prescription médicale, à une posologie donnée. Pensez à les répartir de manière harmonieuse dans la journée. Le grand principe est de ne pas modifier brutalement la posologie. La règle est de ne pas jouer au « yo-yo ». Si vous devez modifier les posologies, faîtes-le lentement, que ce soit pour la quantité ou la durée. N’arrêtez pas tout en cas de constipation et n’absorbez pas de dose massive en cas de diarrhée. Pour vous donner un exemple si vous avez une diarrhée très importante, augmentez votre posologie d’un ou deux comprimés quotidiennement (un le matin et un à midi) et ne modifiez plus rien pendant 24h ou 48h. Vous pourrez ainsi voir les effets réels de votre action.

Fiche conseils créée et validée par l'Institut Gustave Roussy (Janvier 2010).

AMARAPE est une association loi 1901 créée par des patients atteints de deux maladies rares du péritoine : le pseudomyxome et le mésothéliome.

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