MALADIES METASTATIQUES PERITONEALES
Sommaire
Carcinose péritonéale des cancers de l’estomac.
Synonymes :
Ascite tumorale d’un cancer gastrique, métastases péritonéales d’un cancer de l’estomac, ou stade 4 d’un cancer de l’estomac.
Épidémiologie :
Le cancer de l’estomac touche près de 6 500 personnes par an en France. Le diagnostic est habituellement porté après 40 ans. Le « stade 4 » de la maladie de cancer de l’estomac, correspond à un stade métastatique qui peut toucher principalement, le foie, les ganglions profonds, le poumon ou le péritoine, et cela soit de façon isolée, soit sur plusieurs de ces organes. L’incidence annuelle des carcinoses péritonéales ou métastases péritonéales d’origine gastrique est estimée entre 1000 cas et 2000 cas par an.
Description clinique :
La carcinose peut être présente au diagnostic initial de la maladie, c’est-à-dire identifiée en même temps que le cancer de l’estomac, c’est ce qu’on appelle la maladie synchrone. L’autre cas est la découverte de la carcinose sous une forme de récidive du cancer de l’estomac qui avait été opéré (c’est ce qu’on appelle la maladie métachrone).
Concernant les symptômes : dans certain cas, aucun signe clinique n’est présent, et aucune anomalie n’est visible sur le scanner. Dans ces cas précis, la carcinose est découverte lors d’une cœlioscopie exploratrice avant de commencer la chimiothérapie pré opératoire, ou soit lors de la chirurgie prévue pour retirer le cancer de l’estomac. A l’inverse dans d’autres cas il existe des douleur abdominale, perte de poids, trouble de la digestion, vomissements, ou ascite qui peuvent être des signes cliniques de carcinose plus étendue.
Étiologie :
Pour certains patients, la carcinose péritonéale est secondaire soit à une prédisposition génétique qui favorise la survenue de cancer de l’estomac (ce qui est très rare), soit une exposition potentielle à des polluants environnementaux, ou à une infection bactérienne par Helicobacter Pylori. Dans d’autres cas, la carcinose gastrique est secondaire à l’évolution du cancer de l’estomac qui libère les cellules tumorales dans la cavité abdominale : perforation du cancer, atteinte de sa dernière couche (tumeur T4), ulcère associé par exemple.
Méthode de Diagnostic :
Le diagnostic du cancer de l’estomac repose sur la biopsie lors d’une endoscopie gastrique. Le diagnostic de la carcinose lui repose sur les examens d’imagerie, comme l’échographie et le scanner thoracoabdominopelvien. Le diagnostic de carcinose est confirmé par l’examen anatomopathologie d’une biopsie, qui peut être obtenue par cœlioscopie, ou lors d’une ponction sous scanner. L’extension de la carcinose est déterminée lors de la cœlioscopie par le calcul du score PCI (peritoneal cancer index = score de carcinose péritonéale ou score de Sugarbaker).
Diagnostic Différentiel :
Il doit éliminer les carcinoses péritonéales secondaires à d’autre tumeurs (colon, appendice, intestine grêle, etc) et les autres tumeurs rares du péritoine.
Traitement :
La prise en charge thérapeutique est pluridisciplinaire incluant des oncologues pour l’administration de la chimiothérapie par voie veineuse et des chirurgiens pour effectuer la chirurgie au sein d’un « centre expert en chirurgie des carcinoses ». La séquence thérapeutique va dépendre de nombreux éléments et sera proposée, discutée et validée lors d’une réunion dédiée avec ces spécialistes (RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire).
Une chimiothérapie par voie veineuse est toujours réalisée pour contrôler la maladie, l’immunothérapie est possible pour certaines tumeurs selon l’analyse biologique de celle-ci. L’apport de la PIPAC (pressurised intraperitoneal chemotherapy ou chimiothérapie intrapéritonéle pressurisée par aérosol – innovation thérapeutique prometteuse) peut être proposée et est en cours d’évaluation. Concernant la chirurgie de la carcinose péritonéale, celle-ci dépend de plusieurs facteurs et notamment l’étendue de la maladie et donc de l’ablation complète de nodules. Ainsi, lorsque la chirurgie d’exérèse de la carcinose complète (gastrectomie et de cytoréduction complète : résections viscérales et péritonectomie) est possible, celle-ci peut être proposée à des patients sélectionnés après validation par la RCP avec oncologues et chirurgiens notamment. Enfin cette chirurgie complète combinée à une chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP), suivi d’une chimiothérapie intraveineuse, ne peuvent être envisagées que pour des patients jeunes et en bon état général et ayant une carcinose péritonéale limitée. Néanmoins, la place de cette CHIP est très débattue, mais est une option qui peut être discutée.
Pronostic :
La carcinose péritonéale d’origine gastrique est une maladie grave et la récidive après ablation totale de la tumeur et de la carcinose est fréquente.
Conseil scientifique AMARAPE présidé par Professeur Olivier Glehen (septembre 2025)
Carcinose péritonéale des cancers du côlon
Synonymes :
Ascite tumorale d’un cancer du côlon, métastases péritonéales d’un cancer du côlon, ou du rectum, stade 4 d’un cancer du côlon.
Épidémiologie :
Le cancer du côlon touche près de 50 000 personnes par an en France. Le diagnostic est habituellement porté après 40 ans. Le stade 4 de la maladie cancer du côlon, correspond à un stade métastatique qui peut toucher principalement, le foie, le poumon ou le péritoine, soit de façon isolée, soit chacun des trois organes cibles des métastases. L’incidence annuelle des carcinoses colique est estimée entre 2000 cas et 5000 cas par an.
Description clinique :
La carcinose peut être présente au diagnostic initial de la maladie, identifiée en même temps que le cancer du côlon, maladie synchrone ou après comme une récidive (maladie métachrone). Dans certain cas, aucun signe clinique n’est présent, et aucune anomalie n’est visible sur le scanner, la carcinose est découverte lors de la chirurgie du cancer du côlon. A l’inverse dans d’autres cas il existe des douleur abdominale, perte de poids, symptômes urinaires, constipation, vomissements, ou ascite qui sont des signes cliniques moins fréquents.
Étiologie :
Pour certains patients, il existe une prédisposition génétique qui favorise la survenue de cancer du côlon, comme la Polyadénomatose Familiale, ou les syndromes de Lynch. Dans certains cas la tumeur colique a été perforée dans la cavité péritonéale, ce qui explique la survenue de la carcinose, mais cela n’est pas constant.
Méthode de Diagnostic :
Le diagnostic du cancer du côlon repose sur la biopsie lors d’une coloscopie. Le diagnostic de la carcinose lui repose sur les examens d’imagerie, comme l’échographie et le scanner thoracoabdominopelvien. Le diagnostic de carcinose est confirmé par l’examen anatomopathologie d’une biopsie, cette biopsie peut être obtenue par cœlioscopie, ou lors d’une ponction sous scanner. L’extension de la carcinose est déterminée lors de la cœlioscopie par le calcul du score PCI (ou score de Sugarbaker).
Diagnostic Différentiel :
Il doit éliminer les carcinomatoses péritonéales secondaires à d’autre tumeurs (estomac, appendice, intestine grêle, etc) et les autres tumeurs rares du péritoine.
Traitement :
La prise en charge thérapeutique est pluridisciplinaire avec l’utilisation de chimiothérapie par voie veineuse et doit être effectuée pour la chirurgie au sein d’un centre expert en chirurgie des carcinoses. La séquence thérapeutique va dépendre de nombreux éléments et sera proposé après une RCP (réunion de concertation pluridisciplinaire).
L’utilisation d’une chimiothérapie par voie veineuse est toujours utilisée pour contrôler la maladie, l’immunothérapie est possible pour certaines tumeurs selon l’analyse biologique de celle-ci. Lorsque la chirurgie d’exérèse, d’ablation de la carcinose peut être complète, il s’agit de la meilleure option à but curatif. La chirurgie de cytoréduction complète (résections viscérales et péritonectomie) combinée à une chimiothérapie hyperthermique intrapéritonéale (CHIP), suivi d’une chimiothérapie intraveineuse, protocole thérapeutique qui ne peut être envisagé que pour des patients jeunes et en bon état général. La place de la CHIP reste non démontrée par des études puissantes, mais est une option qui doit être discutée..
Pronostic :
La carcinose péritonéale d’origine colique est une maladie grave et la récidive après ablation totale de la tumeur est possible. Après traitement combiné (chirurgie de cytoréduction complète et CHIP) d’une carcinose colique, le taux de survie atteint 40% à 5 ans pour les patients pris en charge par un centre expert, toutefois seul 15% des patients seront exempts de maladie à 5 ans.
Conseil scientifique AMARAPE présidé par Professeur Olivier Glehen (septembre 2025)